‘I’m not mad at you’, ‘je ne vous en veux pas’, sont les derniers mots de la femme de 37 ans Renée Nicole GOOD, vivante, au volant de son véhicule, avec son chien embarqué à l’arrière… le 7 janvier 2025, avant que de n’être atteinte mortellement, à bout portant …
« i want back my rocking chairs,
solipsist sunsets,
& coastal jungle sounds that are tercets from cicadas and pentameter from the hairy legs of cockroaches.
i’ve donated bibles to thrift stores
(mashed them in plastic trash bags with an acidic himalayan salt lamp—
the post-baptism bibles, the ones plucked from street corners from the meaty hands of zealots, the dumbed-down, easy-to-read, parasitic kind):
remember more the slick rubber smell of high gloss biology textbook pictures; they burned the hairs inside my nostrils,
& salt & ink that rubbed off on my palms.
under clippings of the moon at two forty five AM I study&repeat
ribosome
endoplasmic—
lactic acid
stamen
at the IHOP on the corner of powers and stetson hills—
i repeated & scribbled until it picked its way & stagnated somewhere i can’t point to anymore, maybe my gut—
maybe there in-between my pancreas & large intestine is the piddly brook of my soul.
it’s the ruler by which i reduce all things now; hard-edged & splintering from knowledge that used to sit, a cloth against fevered forehead.
can i let them both be? this fickle faith and this college science that heckles from the back of the classroom
now i can’t believe—
that the bible and qur’an and bhagavad gita are sliding long hairs behind my ear like mom used to & exhaling from their mouths “make room for wonder”—
all my understanding dribbles down the chin onto the chest & is summarized as:
ces tercets de cigales et ces pentamètres de pattes poilues de cafards.
J’ai donné des bibles à des associations caritatives,
(je les ai écrasées dans des sacs-poubelle en plastique avec une lampe de sel de l’Himalaya à l’acide –
les bibles post-baptême, celles arrachées aux coins des rues par les mains charnues de fanatiques, ces versions simplifiées, faciles à lire, parasitaires) :
je me souviens surtout de l’odeur de caoutchouc gluant des illustrations glacées des manuels de biologie ; elles me brûlaient les poils des narines,
et du sel et de l’encre qui déteignaient sur mes paumes.
Sous des fragments de lune, à deux heures quarante-cinq du matin, j’étudie et je répète :
Ribosome
endoplasmique
acide lactique
étamine
Au IHOP, au coin de Powers et Stetson Hills…
J’ai répété et griffonné jusqu’à ce que ça se fraye un chemin et stagne quelque part que je ne saurais plus désigner, peut-être dans mes entrailles…
Peut-être que là, entre mon pancréas et mon gros intestin, coule le mince ruisseau de mon âme.
C’est la règle par laquelle je réduis toute chose maintenant ; tranchante et éclatante, issue d’un savoir qui jadis reposait, tel un linge sur un front fiévreux.
Puis-je les laisser tous deux en paix ? Cette foi capricieuse et cette science universitaire qui râle du fond de la classe…
Maintenant, je n’arrive pas à y croire…
Que la Bible, le Coran et la Bhagavad-Gita glissent de longs cheveux derrière mon oreille comme le faisait ma mère et exhalent de leur bouche : « Fais place à l’émerveillement »…
Toute ma compréhension dégouline de mon menton jusqu’à ma poitrine et se résume ainsi :
La vie se résume à…
un ovule et un spermatozoïde…
et à leur rencontre…
et à la fréquence et à la qualité de cette rencontre…
et à ce qui y meurt. »
«Apprendre à disséquer des fœtus de porc», par Renee Nicole Good
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